vendredi 2 mars 2007

La Scierie de Machet

La scierie de Machet est en la seule survivante sur les 31 scieries hydrauliques que comptait la Haute-Vezouze. Les plus anciens écrits que l'on ait retrouvés datent du XVIème siècle.

Sur le site de Machet existait, depuis le XVème siècle au moins, une scierie qui, en compagnie des scieries de Mauvais et de la Boudouze, desservait la forêt de Bousson, propriété du Comte de Blâmont.

Vers 1546, compte tenu de l'extension de l'industrie du bois, on créa une fonction de gruyers. Ils vendaient bois et planches, percevaient une redevance pour selfs de paxon (2), assuraient le flottage des bois, l'entretien des digues et chaussées, des moulins, et payaient des gardes et sagârds (3). Le gruyer (4) logeait au château et pouvait avoir le titre de châtelain.

Après la Révolution française, ce fut l'administration forestière qui assuma la charge de ces scieries devenues domaniales. Des ajustements techniques s'avérèrent bientôt nécessaires. Machet manquait d'eau en période de bas étiage(5) du ruisseau du Val.

En 1872, le haut fer (6) de Machet fut modernisé, la force hydraulique fut produite non plus par une roue, mais par une turbine. Creusé à flanc de coteau, un canal de 2,8 km de long fut construit (photo 3) : alimenté par le ruisseau du Val, il prenait son origine en amont juste après la scierie du Petit Marquis, et grâce â une chute de 40 mètres, amenait la quantité d'eau nécessaire pour mettre la scierie en mouvement. Cette méthode compense le faible débit du ruisseau mais présente l'inconvénient d'être trop sensible à l'étiage, donc directement tributaire de la pluviométrie, même si un petit étang faisant réserve tampon avant la chute a été prévu.

La turbine à axe horizontal et à vannage partiel avait un diamètre extérieur de 1m455, possédait 54 aubes pour un débit normal variant entre 30 et 80 litres, le nombre de tours de la roue était de 232 par minute et la puissance pouvait varier de 16 à 42 chevaux-vapeur.

En janvier 1874, elle fut mise en route équipée d'une scie à ruban.

Lors de la période d'occupation 1914 - 1918, la scierie de Machet avait été utilisée par les allemands. A la fin de la guerre, elle était en état de fonctionner mais totalement transformée. La halle avait été démolie et remplacée par une construction en bois bien plus vaste.

(1) Bousson : n.m. français local et patois, grande vis à tête carrée. Forêt de hêtres qui poussaient en buisson.

(2) Paxon : glandée ou pâture

(3) sagârd : n.m. gérant d'une scierie, ouvrier dans une scierie.

(4) Gruyer : il assurait la police, le flottage du bois.

(5) Bas étiage : manque d'eau.

(6) Haut fer : scie verticale entraînée par une came qui lui donne un mouvement alternatif de va et vient, de haut en bas.

L'exploitation économique de cette scierie a pu se poursuivre jusqu'en 1993, date à laquelle le dernier sagard a jeté l'éponge. Depuis, le mouvement associatif tente de sauver ce patrimoine.

Depuis janvier 2006, la nouvelle association "Machet Energie Nouvelle" se penche sur le devenir de cette scierie.

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